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Nouvelles d'Ekbir

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Dezbat ou Au-delà des Brumes

Le califat d’Ekbir est divisé en quinze provinces, chacune étant considérée comme un État dans l’État, avec ses propres pouvoirs locaux, droits et croyances. Parmi celles-ci se trouve le Dezbat, qui se tient à quelques kilomètres de la capitale d’Ekbir. Terre de pêcheurs, le Dezbat ne brille pas particulièrement par la richesse de ses habitants. Mais ces spécificités pourraient bien valoir votre attention.

 

Géographie

Le Dezbat est une péninsule, qui débute depuis le Nord de la capitale jusqu’à l’embouchure de la rivière Hadash. La province est principalement une terre de marais et de landes. Elle tire d’ailleurs son étrange réputation de l’aspect ténébreux de la lande renforcé par le temps régulièrement brumeux en ce pays. La lande de Glendaloch qui occupe le centre de la province est tristement connue comme une région à éviter pour ses conditions climatiques déplorables et sa flore dévastée. Deux vastes espaces boisés contrastent dans le paysage : les bois de Shayalah dans l’Est de Glendaloch et la Forêt Latbuda dans le sud du Dezbat, qui est probablement la partie la plus riche et où la vie y est de loin la meilleure. Au nord de la province, apparaît le Morskmogil, une longue ligne de récifs aiguisés par les vagues folles de l’Océan Dramidj. C’est un lieu tristement célèbre pour avoir réduit en pièces bon nombre de navires contre ses dents gigantesques qui dépassent des flots. Fort heureusement, toutes les côtes du Dezbat ne sont pas aussi terribles que celles du Nord. Des deux côtés de la péninsule, la vie s’est rassemblée autour de villages et de hameaux. La seule ville qui puisse véritablement porter ce nom se nomme Sharkavir, la ville des landes en ancien Baklunite. Avec plus d’un millier d’habitants, Sharkavir est la capitale économique et politique du Dezbat, là où vit le Nayib, le seigneur de la province.

 

Politique

La situation politique est quelque peu compliquée au Dezbat. Deux types de Nayib existent généralement : ceux de sang royal avec leur titre, leurs terres et leurs droits transmis de génération en génération et ceux dont les pouvoirs sont acquis au travers de leur rang dans le clergé d’Al’Akbar. La maison Ashir du Dezbat faisait partie intégrante de la première catégorie. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. En réalité, l’ensemble de la famille royale Ashir disparut lors du terrible assaut lancé contre sa forteresse par des Ataphades durant l’année 577. En mémoire de Nérim le sage – le dernier Nayib du Dezbat – et sa lignée, le calife d’Ekbir remit le pouvoir séculaire à une branche cousine de la maison Ashir, qui reprit son nom par la suite. Urik Ashir, le nouveau Nayib dirige encore la province aujourd’hui. Certaines personnes prétendent que son style politique est ferme, très ferme et que les gens le craignent plus qu’ils ne l’apprécient. Des rumeurs prétendent que la loi martiale a été instaurée au Dezbat et que la justice est prompte et sommaire. En fait, Keyn, le demi-frère d’Urik, qui est en charge des armées, a beaucoup fait pour la renforcer et garantir que les crimes ne restent pas impunis. Quelle que soit la vérité, le Calife reste confiant et satisfait de son choix sans doute parce que le loyal Darman Niklad, ambassadeur de la province en Ekbir, sait parfaitement contrebalancer d’éventuels excès aux yeux du Calife.

Histoire et Mythes

Les légendes ont toujours eu une place privilégiée dans la vie du Dezbat et les bardes sont souvent les premiers à le reconnaître. Des ombres de dragons ont été aperçues volant au-dessus des landes, d’étranges jeux de lumière se sont fait jour sur les côtes du Morskmogil provoquant les naufrages et les spectres de marins disparus hantent les digues qu’ils empruntaient de leur vivant.

Certaines de ces histoires partagées au coin du feu prennent naissance dans l’histoire de la province. Tel est le cas des Faris Rautha, l’ordre renégat de chevaliers qui faillit dans sa mission de protection de la famille Ashir lors des tristes événements qui se sont déroulés, il y a de cela quinze ans. Cette poignée d’hommes – pourchassés par le pouvoir local – est suspectée de disposer d’étranges pouvoirs dont ceux de se transformer en bêtes. Mais l’endroit où le plus clair des histoires se déroulent est sans nul doute la lande de Glendaloch. Ses habitants prétendent que leur région est maudite et que cette malédiction, fruit d’un sombre passé, est responsable des malheurs qui surviennent dans la lande. Des prêtres sont venus et se sont installés pour découvrir les raisons de ces mystérieuses disparitions, aboiements surnaturels et visions fantomatiques qui surviennent à la nuit tombée. Des héros reconnus se sont rendus sur les lieux mais n’ont pu fournir qu’un court répit. Les prêtres maléfiques et les sorciers ont été découverts et capturés mais le doute subsiste pour savoir s’ils étaient véritablement responsables des événements ou s’ils avaient été simplement attirés par l’atmosphère occulte des lieux, propice à leurs activités.

 

Usages locaux et Fêtes

Les hommes du Dezbat sont de respectueux fidèles d’Al’Akbar : pas un poisson n’est pêché du Dramidj, pas une terre n’est ensemencée ou récoltée sans qu’une prière ne soit faite au sauveur du peuple Bakluni, le prophète saint. Leur dévotion les a conduit à adopter des coutumes locales qui sont considérées comme des lois divines. La première de celles-ci est la tradition du droit d’asile qui est acquis à toute personne le réclamant dans un des lieux de culte dédiés à Al’Akbar. Quoi que ces personnes aient pu faire durant leur vie terrestre – meurtre, vol ou escroquerie – on leur offre la chance de pouvoir sauver leur âme en la tournant vers Al’Akbar. Même la milice et l’armée n’ont pas d’autres choix que de voir celles et ceux qu’ils poursuivent, être traités comme des hommes libres sur les terres du clergé. Bien sûr, il y a une limite très claire au-delà de laquelle la justice des hommes reprend le pas sur le droit divin. Après trois jours de repos et de prière, ceux qui sont venus demander asile doivent s’en retourner et affronter leur destin. L’autre coutume qui peut surprendre les étrangers est l’attitude du peuple du Dezbat vis à vis de la mort. En fait, lors du jour des morts, une occasion particulière au Dezbat, tous les êtres aimés ou chéris sont honorés et traités comme s’ils étaient encore de ce monde. Les familles passent des heures autour des tombes, partageant leur repas auprès des disparus, leur adressant la parole pour les informer des événements récents. La plupart des gens croient que les morts marchent sur la terre parmi les vivants sous la forme d’invisibles esprits et ils profitent de ce jour pour se souvenir et les louer, pour partager avec eux les mots qui n’ont pas été prononcés lorsqu’ils étaient encore en vie.