La religion d’État, la
Foi
Exaltée,
est
partagée par la quasi-totalité de la population
et elle gouverne une
grande partie de la vie quotidienne.
Ce qui n’empêche pas que
d’autres cultes soient pratiqués.
Tempérament
des Ekbiriens
Peut-être est-ce dû à la grisaille du ciel mais
les Ekbiriens aiment encore plus que les autres Bakluniens les couleurs
vives pour leurs vêtements. Ils adorent aussi les fleurs. Ils apprécient
particulièrement les fêtes et n’hésitent pas à festoyer et à
boire en pareille occasion.
Les marins, nombreux dans le
pays, n’hésitent d’ailleurs pas à lever le coude en toutes
circonstances.
En revanche, les Ekbiriens n’apprécient pas le luxe
ostentatoire comme c’est le cas à Zeif. Ils apprécient la gaieté
mais préfèrent une certaine modestie toute teintée de piété.
Même
les riches et les nobles ont des tenues relativement sobres qui
contrastent avec celles des grands personnages du Sultanat de
Zeif.
Cependant, la vie n’est pas toujours joyeuse et
les gens paraissent parfois moroses voire austères, notamment lorsque
la brume recouvre le pays et qu’il ne fait pas bon se promener au
dehors.
Dans certaines régions, l’âpreté
de la terre et des conditions de vie difficiles rendent les gens
lugubres, mais jamais ils ne perdent le sens de l’hospitalité.
Étant les descendants des
rescapés de la Dévastation
Invoquée, issus du cœur de l’Empire,
les Ekbiriens ont conservé un profond traumatisme de ces événements
qui ont marqué leur imaginaire collectif.
Leur religion est
d’ailleurs issue de cette période tragique dont les récits sont
toujours répétés, soit dans les textes
sacrés, soit dans les contes
populaires racontés aux enfants dès leur plus jeune âge.
Il n’y a pas de Sulois
parmi les pays qui environnent Ekbir, et les descendants de
l’Empire Sulois ne sont pas perçus comme une menace actuelle.
Le fait
que la Suloise ait, elle aussi, été détruite et que la religion
officielle condamne les pratiques magiques des deux empires à la fois,
fait que les Ekbiriens ne sont absolument pas éduqués dans la haine
des Sulois. D’ailleurs, durant le dernier millénaire, leurs ennemis
ont généralement été d’autres Bakluniens.
Cependant, les
Ekbiriens
ont gardé une méfiance instinctive de la magie et particulièrement de
la magie d’invocation, d’évocation ou des éléments.
Les Ekbiriens se distinguent des autres Bakluniens par un certain rejet
des génies et de la magie élémentaire.
C’est ainsi que le Zashassar, qui perpétue la brillante tradition magique de l’Empire,
reste extrêmement discret et secret, soumis à un certain contrôle
religieux, et finalement très replié sur lui-même. Ses membres vivent
pour ainsi dire dans une tour d’ivoire - en réalité de granite-
comme hors du temps et du monde.
Les Jeux
Les Bakluniens pratiquent
de nombreux jeux. Ils excellent aux échecs et aux
échecs-dragon, une
variante sophistiquée des échecs.
Ces jeux se jouent
couramment, non seulement à domicile, en famille, mais aussi dans les
tavernes et les auberges qui fonctionnent parfois comme de véritables
clubs d’échecs. Des tournois sont souvent organisés.
Le jeu d’échec-dragon
est supposé avoir une très haute valeur symbolique dont l’importance
serait particulière pour Ekbir.
En dehors de ces jeux d’intérieur, les
Ekbiriens
sont, comme tous les Bakluniens, très amateurs
de prouesses équestres qui ont, en plus, une valeur
d’exercice militaire.
Dans les maïdans, ces
forteresses-casernes qui servent à l’entraînement des
soldats, sont organisés des tournois publics. On installe d’ailleurs
de véritables tribunes pour le public, les manazirs. Les
spectacles vont du simple entraînement militaire aux joutes
individuelles ou par équipes.
Les tournois de
tir à l’arc sont aussi fréquents.
Mais les spectacles les
plus populaires sont les courses de chevaux ou, et le jeu du
Kura, une sorte de polo.
Ces compétitions
ont lieu hors des maïdans pour des raisons de place et drainent un
grand nombre de spectateurs.
Toutes ces manifestations contribuent à
maintenir l’excellence de la qualité militaire des guerriers ekbiriens et notamment des cavaliers.

Le Chef de
famille
Le rôle du chef de
famille est important.
Il est l’interlocuteur privilégié
des autorités et des autres familles.
Il prend la décision finale en
cas de litige au sein de sa famille et parfois même, c’est lui qui décide
des tâches de chacun.
Il se doit d’être
exemplaire. Une faute de sa part et
l’ensemble de la famille pourrait être déshonoré.
Il
doit défendre les siens et assurer l’enseignement des traditions
familiales. Les problèmes de succession peuvent être complexes.

Justice
La justice est rendue par
le seigneur local ou par le prêtre de la communauté.
Le chef de famille du plaignant
devient l’accusateur et celui de l’accusé est l’avocat.
Les débats sont âpres car l’honneur de chaque famille est
en jeu. Dans les cas où les faits mettent en cause des gens de fiefs
différents, cela se complique encore et les discussions sont longues
entre les prêtres, les seigneurs et les chefs de famille.
Le juge est
soit le suzerain des seigneurs impliqués soit le gouverneur de la
province, le nayib, soit un prêtre désigné par le calife ou son légat.
Il y a un légat dans chacune des provinces du pays.
Les
membres des familles royales ne peuvent être jugés que par le calife
La rhétorique et le droit sont des disciplines très importantes en
Ekbir.
Majorité et
Mariage
Un rite particulier
consacre le passage à l’âge adulte.
C’est le chef de
famille qui décide du moment où un adolescent de son clan peut passer
ce rite.
Dès l’âge de vingt ans, il est possible de faire appel
au prêtre pour qu’il impose ce rite au cas où le chef de famille le
refuserait encore
Une personne majeure peut se marier et fonder une
famille distincte.
La polygamie est interdite et le divorce nécessite
une dérogation religieuse.

Hommes
libres, Serfs et Esclaves
Les
humains ont des statuts divers.
L’esclavage a entièrement disparu.
Il est d’ailleurs condamné par la religion akbarite.
Le servage est en forte régression par émancipation
accordée par les seigneurs ou par rachat par le serf.
Les hommes libres possèdent en général
leur maison, un petit pré, des bêtes et des terres qui comprennent des
bandes et parfois une parcelle de pâturage et de bois.
Certains, les bordiers, ne possèdent pas
de terres.
D’autres sont des tenanciers qui bénéficient d’une terre du
seigneur contre une redevance.
Les artisans et les commerçants font aussi partie des hommes libres.
Les
hommes libres peuvent être appelés à prendre les armes en cas de guerre ou
à payer une indemnité, dépendant de la fortune, pour permettre d’engager
un mercenaire.
Ils doivent aussi s’acquitter de diverses redevances notamment en faveur de
l’Église.
Les serfs n’ont aucun devoir militaire.
Vie
rurale
Les
villages vivent quasiment en autarcie.
Tout est produit sur place à quelques exceptions près.
La monnaie est très peu utilisée et tout est basé sur
le troc, les échanges de services et divers arrangements.
Par exemple, le meunier moud le blé pour fabriquer la farine pour tous les
villageois et se paie en prélevant une certaine quantité de farine pour
lui-même.
Le boulanger fabrique ensuite le pain et se paie en prélevant lui aussi
une certaine quantité de farine.
Les
travaux se font collectivement par échanges de bons procédés.
La plupart des paysans n’ayant pas assez de bœufs pour labourer leurs
bandes, les paysans se les prêtent mutuellement.
Beaucoup de travaux se font en commun et les bénéfices sont répartis
ensuite, équitablement.
La vie est essentiellement communautaire avec un grand sentiment d’interdépendance.
Vie
citadine
Les
villes vivent principalement du grand commerce, de l’artisanat, de
l’administration et de l’armée.
La monnaie et les lettres de crédit sont beaucoup plus utilisées que
dans les campagnes et l’économie est dans l’ensemble plus complexe.
Les gens vivent aussi dans un plus grand anonymat que dans les villages.